Travailleurs pauvres

Travailleurs pauvres : le match France-Allemagne. Selon l’OCDE en 2015, la France comptait deux fois plus de travailleurs pauvres (7,1 %) que l’Allemagne (3,7 %). Des chiffres qui viennent contredire ceux d’Eurostat, qui estime le taux de travailleurs pauvres en Allemagne à 9,5 %, contre 7,9 % en France. En réalité, les deux statistiques sont exactes. Seules les méthodologies divergent.

D’un côté, Eurostat comptabilise individuellement les travailleurs touchant moins de 60 % du revenu médian. De l’autre, l’OCDE prend en compte non pas les individus mais les ménages, dont les revenus sont inférieurs à 50 % du revenu médian. Premier enseignement : s’il y a de fait plus de contrats précaires en Allemagne où près d’un job sur trois (30 %) est un « mini-job » contre moins d’un sur cinq en France (18 %), cela ne signifie pas pour autant que ces travailleurs soient en situation de précarité. S’il y a sensiblement moins de travailleurs pauvres en Allemagne dans l’étude de l’OCDE qui prend en compte les foyers, cela signifie qu’une part importante des titulaires de ces contrats vivent avec des conjoints disposant de rémunération supérieure.

Deuxième enseignement : alors qu’Eurostat place le niveau de pauvreté à 60 % du revenu médian, l’OCDE met la barre à 50 %. Le fait que les actifs soient plus nombreux en France dans la deuxième hypothèse prouve que les travailleurs pauvres sont plus pauvres en France, malgré un système de distribution sociale très généreux. Pourtant, avec un taux de distribution équivalant à 31,5 % du PIB, l’Hexagone est le champion du monde des dépenses sociales. « Les performances du sacro-saint modèle social français ne sont plus ce qu’elles étaient », conclut L’OPINION (page 5).

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